Albanie albanon !

Attention, âmes sensibles, s’abstenir. L’article suivant n’a pas l’intérêt du précédent. Nous croisons les doigts pour que le suivant en ait plus.

Samedi 22 janvier

Nous avons traversé la frontière. C’est toujours intéressant les passages de frontières : un peu de stress, un peu d’appréhension, d’excitation, et nous avons toujours hâte de découvrir ce qui nous attend… Eh bah là, on n’est pas déçus. La surprise est totale, le changement radical.

Les paysages sont dépourvus de végétations, fades après la Grèce, la roche pâle donne l’impression de travaux en cours dans la montagne. Plus on avance et plus on est nostalgique. La pauvreté est très marquée. On voit beaucoup de déchets, et les routes sont très abîmées. Voilà le décor est planté !!

Face aux paysages grecs, on avait parfois envie de pleurer devant cette beauté. Ici, on a envie de pleurer… pas pour les mêmes raisons.

Pour faire face, en soirée, on bifurque sur des routes de montagnes pour aller sur un spot paradisiaque de bord de mer. Mais nous nous cassons le nez en arrivant dans cette impasse. Le spot n’est pas accessible : alarme « get away » + lumières clignotantes + caméras… bahh, on est parti. Nous rebroussons chemin et nous posons de nuit à l’entrée d’un petit chemin. Pendant notre dîner, une voiture vient se stationner tout proche de nous, alors que nous sommes dans une impasse et dans un coin reculé, voir très reculé… Pas confortable cette situation. Heureusement, le conducteur aura l’intelligence de klaxonner bruyamment en partant quelques heures plus tard. Sûrement pour nous rassurer !

On en oublie même de faire des photos…

Dimanche 23 janvier : on oublie la veille ?

Après un réveil par les cloches d’un troupeau, nous découvrons la vue fascinante sur la côte. Nous sommes un peu garés au milieu du chemin. Nous nous en rendons encore plus compte quand un habitant a des difficultés à passer avec ses 2 chevaux chargés de branchages.

Un peu plus tard, c’est un berger et son troupeau de 150 chèvres qui passent autour de nous. Nous nous dépêchons pour les accompagner sur quelques mètres. Les discussions avec ce berger ne sont pas évidentes puisqu’il ne parle qu’albanais. Nous échangeons quand même pendant au moins 20min ! Pfeiser, oui c’est son nom, et c’est très rassurant en cette période, nous fait beaucoup rire. Il débite de longues phrases en albanais, puis termine par « Capito, no capito ? ». Il nous enseigne des choses précises sur les plantes de montagne… On vous en reparlera à notre retour. Il nous parle de ses chèvres, et des accès aux plages alentour. Chouette rencontre pour ce 1er réveil en Albanie.

Voyant la difficulté du réseau téléphonique et internet dans cette contrée, nous avons réservé un peu en hâte, un Airbnb la veille au soir. Mais la précipitation nous a fait louper le fait que la ville où il se trouve est à 4H30 de route…

Cadrage de rêve

Les photos auxquelles on vous a habituées sur ce blog sont cadrées de cette façon

Cadrage de rêve 2

Cadrage de réalité

Voilà le résultat avec un cadrage un peu différent… L’effet du zoom sûrement !

Cadrage de réalité 2

En soirée, nous sommes accueillis par un couple et ses enfants, à Berat. Les enfants prennent possession de ce grand terrain de jeux. Ils sont difficiles à motiver pour aller à la douche. Surtout le 2ème quand il a vu la galère pour le 1er ! Oui, pour éviter trop de dépaysement avec Ptit Gris, nous avons choisi un appartement dans lequel la douche n’est pas séparée des toilettes et du lavabo. On s’est habitués ! Sauf que là, (comme si Ptit Gris était en pente du mauvais côté) la bonde au milieu de la pièce est bouchée… La salle d’eau se transforme en salle de bain, sans avoir de baignoire, oui, c’est possible 😉

Lundi 24 janvier

On a froid !! Malgré le chauffage de l’appart, on double les paires de chaussettes et les pulls ! On enfile les snoods. Le froid sibérique qui s’abat sur les Balkans impacte sévèrement l’Albanie, qui ne semble pas habituée. Le chauffage est à fond, le seul recours des propriétaires est de nous apporter de nouvelles couvertures. L’école et le travail en position immobile sont propices au glagla des extrémités. Nous optons pour le réchauffage régulier de celles-ci au sèche-cheveux.

En tout cas, c’est ce qu’on fait quand on a encore de l’électricité. Parce qu’en soirée, on se retrouve dans le noir !!

A la récré, Rose accueille les enfants des propriétaires. Ils jouent aux playmobils pendant que Merlin développe sa fibre artistique : il a bien compris que c’était plus facile de faire de la peinture dans un appart que dans Ptit Gris, il se rattrape.

Nous tentons de les charmer avec des crêpes… sans succès ! Les playmobils sont plus forts que la gourmandise ! En avant les histoires.

Mardi 25 janvier

Problème de douche : fait

Problème de chauffage : fait

Coupure électrique : fait

On fait quoi aujourd’hui ? Il reste « coupure d’eau », ça te branche ?

Les tuyaux d’alimentation d’eau de la maison n’ont pas supporté le froid de la nuit. Tout est gelé ! Les propriétaires démunis nous fournissent des bouteilles de 5L pour patienter. La situation est plus gênante pour eux que pour nous… nous en rigolons. Après tout, on ne va pas se plaindre de ne pas pouvoir se doucher.

Le tonton Gentian tentera de nous réchauffer en nous offrant une bouteille de Cognac. C’est ce qu’il a dit en tout cas, c’est présenté dans une bouteille de Martini. On se concentrera sur le contenu sans regarder le contenant.

Mercredi 26 janvier

Départ du Airbnb après un dernier temps de jeux avec les voisins. Nous avons fait un max de captures d’écran pour ces prochains jours sans connexion. Amélie et Adrian nous ont orienté vers Super Mario, un garagiste albanais qui pourrait réaliser notre vidange.

Sur la route, nous continuons d’observer les belles montagnes roses éclairées par le soleil de fin de journée, nous nous étonnons de l’opposition entre la pauvreté et la quantité de voitures de luxe, et nous notons de nous renseigner sur ce principe de maisons non achevées… Promis on vous expliquera !

Nous arrivons en bord de mer et nous garons sur le parking d’une paillote, celle de Mario. Nous espérons le croiser le lendemain…

Jeudi 27 janvier : Mario et Luigi

Ringo ! Mario arrive en milieu de matinée. Nous n’avons pas compris le prénom de son acolyte. Pour des questions pratiques, nous l’appellerons Luigi. Nous discutons avec ces 2 charmants albanais, ainsi que notre jeune voisin allemand, Félix. Rapidement, nous évoquons les réparations de notre camion. Tout est possible, Mario passe un peu de temps au téléphone, et nous dit qu’il revient dans la journée avec une solution.

Pas de problème, nous sommes sur la plage, seuls, ou presque. Nous sommes rapidement rejoints par une meute de chiens ! L’un d’entre eux capte toute notre attention, et notre affection. Kleenex, c’est son nom, sera la mascotte de la journée ! Le pédalo échoué sur le sable sera le lieu de toutes les histoires de pirates. Nos moussaillons nous oublient et profitent d’une journée sur la plage très attendue.

Mario, sans Luigi cette fois mais avec Félix qui fait lui aussi réparer son van, revient en début d’aprem. Il nous annonce quelques complications. En fait, les complications sont simples : le garage n’est pas déclaré et ne peut pas nous fournir de factures. Factures nécessaires pour conserver notre garantie FIAT. Nous lui expliquons que ce n’est pas possible pour nous. Après de nouveaux appels, il peut s’arranger avec un garage « partenaire » pour nous fournir une facture dans les règles… Allons-y alors 😉

Le rendez-vous est pris pour le lendemain. Mario passera nous chercher le matin…

La journée se termine dans la fraicheur. Pas de peinture ce soir, mais des coloriages pour décorer le camion !

Nous sommes repassés à « l’heure française » depuis notre arrivée en Albanie. On a naturellement repris un rythme d’hiver. Nous sommes tôt dans le camion, et les enfants se couchent tôt. A cette étape, on se couche plus tôt mais on ne se lève pas plus tôt : c’est l’effet jetlag… Mais promis, bientôt… nan en fait nan, on ne promet rien du tout 😉

 Vendredi 28 janvier :

Au réveil, les enfants retrouvent leur navire et leur chien. Les aventures reprennent. Nous, on attend notre mécano, Félix dort profondément dans son van stationné à quelques mètres du nôtre.

Mario arrive vers 10H30. Nous le suivons chez lui dans la ville voisine. C’est dans un garage attenant à son habitation qu’il nous fait stationner Ptit Gris. Les 1ères impressions sont mitigées. Pas très pro comme atelier… Mais les gestes de Super Mario les mains dans le moteur nous rassurent très vite.

En 30 minutes, le filtre à gazole et le filtre à air sont changés, la vidange est faite. L’ambiance se relâche alors qu’il ne reste que le filtre à particules à remplacer. C’est là qu’une vraie chasse au trésor commence ! On ne sait pas où se trouve ce filtre. Malgré l’aide de Merlin et Rose, et la lecture précise du manuel qui nous dit d’appeler FIAT, on ne trouve pas. Mario se lance dans un démontage complet de l’intérieur du camion. C’est toujours facile de démonter !

Pour un pro, il semble que ce soit aussi facile de remonter. Finalement le filtre était caché entre les pieds du conducteur et du passager, avis aux propriétaires de Ducato.

Mario n’a pas le lecteur pour accéder à l’ordinateur de bord. Pas de problème, nous le suivons dans un garage voisin. C’est ici que le voyant orange du tableau de bord s’éteindra et qu’une « facture » nous sera remise. Merci Mario, Ptit Gris est prêt pour la suite !

Le pass sanitaire de Lucie étant dépassé, on se dirige vers un laboratoire pour présenter un résultat négatif (on l’espère) à la frontière du Monténégro.

Arrivée à la frontière, après 5 minutes d’attente, et une vérification de nos cartes d’identité, on nous donne l’accès à ce nouveau pays ! Pas de vérif du pass, pas de question, … Rien. On irait bien chercher les 20€ du test de Lucie mais on n’est pas sûr qu’ils nous remboursent…

Les seules personnes qui s’intéressent à nous à cette frontière sont les gendarmes Européens de Frontex. L’italien d’abord nous fait une démonstration des 3 mots de français qu’il maitrise, rapidement suivi du français. Nous discutons quelques instants avec ce jeune homme arrivé la veille en Albanie et surpris de croiser 4 français dans cette direction. Il nous explique le principe de sa mission. L’Agence européenne de garde-frontières, Frontex aide les États membres de l’Union européenne et de l’espace Schengen à sécuriser leurs frontières extérieures. C’est la 1ère fois que nous les voyons et c’est assez marrant de les voir tous les 3 (y avait aussi un albanais) en tenue de leur pays.

C’est parti pour le Monténégro !

On ne gardera pas que des mauvais souvenirs de l’Albanie. Mais on se souviendra que ce n’était probablement pas le bon moment, pas dans le bon ordre peut-être, pas dans le bon état d’esprit, … bref, nous sommes probablement responsables de cette image. Certains voyageurs ont dû vivre de belles choses ici, ils ont été plus doués que nous sur ce coup 😉

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