Il ne faut pas vendre la peau de l’ours…

On a fait des gros bisous à nos cousin-cousine-beau-belle-soeur-frère, on les a laissés reprendre leur avion. L’aventure continue à 4 !

Lundi 14 février : Bon anniversaire Aurélie

Le réveil a sonné très tôt ce matin pour préparer cette belle journée de Saint Valentin. J’espère que personne n’y croit ? En fait le réveil a sonné très tôt parce que l’avion qui ramène Margot, Christelle, Arthur et Adrien décolle vers midi, et qu’il y a 4h de route pour rejoindre l’aéroport de la capitale, Zagreb. Nous profitons de l’appart ce lundi pour commencer la semaine de travail-école.

Nous quittons le logement en soirée pour rejoindre Pakoštane. C’est là qu’un jeune belge nous attend. C’est un ami de Régine que nous avions rencontrée sur une plage à Žuljana sur la péninsule de Pelješac quelques semaines plus tôt. Régine nous a annoncé : « David a des bons plans pour tout ici, il vous trouvera de quoi télé-travailler ». Nous, on a plutôt confiance en Régine. Et on a bien raison, car David est très agréable. il nous accueille les bras ouverts, nous oriente vers un joli spot pour la nuit, et donne RDV le lendemain matin à Thomas pour sa journée de télé-travail.

Nous garons le camion en bord de plage, tout près du port et de David. Un spot comme on les aime 😉

Mardi 15 février

La journée des écoliers se passe bien pendant que Thomas télé-travaille dans une salle de fitness. En soirée, David nous rejoint pour l’apéro dans Ptit Gris. Il aime le voyage et apprécie ce mode de vie. Les enfants sont fiers de présenter notre périple (ça tombe bien, ils ont révisé leur géographie à l’école cet aprem), ainsi que l’ensemble des jouets qu’ils ont emmenés… ça prend un bon quart d’heure. David nous présente la vie croate. Une vie basée sur le tourisme. Le rythme est très soutenu pendant 3 mois de l’année. Le reste du temps, chacun prend le temps de vivre. En pleine saison, David occupe plusieurs emplois : il loue des apparts, il propose des excursions en bateau à la rencontre des dauphins, il est plongeur pour une agence de location de bateaux (il en vérifie l’état au retour de la loc), il est traducteur pour un ami loueur de voiture. Pour essayer d’étaler ses revenus, il essaie de trouver des activités à proposer le reste de l’année… Chouette rencontre !

Nous en apprenons plus sur le système scolaire en Croatie : les enfants entrent à l’école à 7 ans et ont un rythme alterné, une semaine de matin, une semaine d’après-midi. L’école du village n’est pas assez grande pour accueillir le jardin d’enfants (de moins de 7 ans du coup), c’est donc dans une pièce que David a aménagée que ces enfants viennent passer quelques années de leur vie. Et ils sont surtout, les voisins bruyants de la salle où travaille Thomas 😉

Mercredi 16 février

Matinée école-travail, puis départ dès 12H30 pour aller dans un garage FIAT à Zadar. Après les travaux réalisés par Mario en Albanie, un voyant orange s’était rallumé « FAIRE CONTRÔLER MOTEUR ». Pensant que c’était juste un problème électronique après les travaux effectués, nous arrivons confiants au garage. Nous sommes accueillis par un client qui parle notre langue. Il se trouve que c’est l’oncle du chef d’atelier, Chimay (ça ne s’invente pas). Nous profitons de son français pour évoquer les travaux. Les garagistes nous informent qu’il y a une réparation à effectuer mais que c’est sous garantie. Après vérification par le grand patron, la garantie est passé depuis 15 jours. Oui Ptit Gris a récemment fêté ses 2 ans. Cela justifie son arrivée théâtrale  » I HAVE A BAD NEWS FOR YOU« . Bad news et big price en fait, parce qu’il nous annonce aussi qu’il y en a pour 300€ environ… Et on n’aime pas trop les « environs » des garagistes. En plus, on n’arrive pas à comprendre la pièce qu’ils souhaitent changer… Après plusieurs demande, en français et en anglais, nous ne comprenons toujours pas.

De confiants nous passons à méfiants, et préférons solliciter le garage FIAT de Thouars. Il nous confirme que la réparation peut attendre d’être en France, et qu’elle coutera environ 110€…

Nous repartons donc sans faire de réparation et avec notre voyant orange. On ne vous parle même pas du plein de gaz tellement ça a été facile cette fois-ci. Tous les pleins sont faits pour rejoindre un coin paumé de Croatie. Direction Kuterevo où nous allons passer quelques jours comme bénévoles dans un refuge d’ours.

En fin de journée nous arrivons dans ce village perdu dans les montagnes de Velebita, et sommes accueillis comme il se doit : on nous invite à entrer dans un chalet aux milles trésors occupé par 7 personnes réchauffées par le poêle à bois (non, ce ne sont pas des nains !). On nous libère une place sur les bancs qui entourent la grande table en bois. On nous sert rapidement un Rakija (alcool local). Un vieil homme se tient un peu à l’écart dans un fauteuil, tel un patriarche. Il s’agit d’Yvan, le propriétaire des lieux qui accueille des jeunes en Erasmus. Il est assisté d’Igor, son traducteur : ce russe nous traduit le croate en anglais. Dans la pièce se trouve également 2 allemands, une anglaise, un kosovar et une croate, l’instit du village. Tous sont attentifs et silencieux. Personne n’intervient à part Igor quand Yvan a fini ses longues phrases. On nous demande nos cartes d’identités et nos pass sanitaires. Nos cartes sont scannées après avoir été épluchées par Yvan. Il lit méticuleusement chacun de nos prénoms et seconds prénoms. (Il nous rappelle un peu le Père Nöel rencontré en Finlande, ou même Maximilien !). Pour le pass sanitaire, on a dit oui, ça a suffit, chuttttt. On n’a malheureusement pas de photos de notre arrivée. Ça nous semblait délicat de sortir nos téléphones à cet instant.

Yvan finit par nous expliquer le fonctionnement du refuge, les valeurs, les possibilités en tant que volontaires. Il insiste sur le fait que nous pouvons rester autant que nous le souhaitons. On apprendra plus tard que certains voyageurs passent plus de 2 mois ici ! Il nous met la pression en annonçant que les français sont « very helpful and very strong ».

Il s’intéresse à nous, demande si les enfants ont de l’école et quels métiers nous exerçons.

Nous venons de vivre un truc extraordinaire aux allures de cérémonie !

Nous partons nous coucher quelques mètres plus loin en nous réjouissant de ce qui nous attend le lendemain.

Jeudi 17 février

On a dormi comme des ours. Selon Yvan, les français sont travailleurs et engagés. Eh bah, on ira lui prouver qu’il a raison après le petit dej, vers 10h ! On veut bien s’engager, mais pas trop tôt le matin 😉

Nous allons à la rencontre des jeunes bénévoles de la veille pour qu’ils nous donnent une mission. C’est un peu flou et pas très clair… L’anticipation n’est pas le maître mot de cette équipe meltingpotée. Filia, une allemande qui pourrait être notre fille, nous fait d’abord une belle visite des lieux. Nous rencontrons les ours petit à petit, découvrons leurs histoires, souvent leurs déboires, et les observons de longues minutes. Les sensations sont très différentes d’un zoo. Le mince grillage qui nous sépare de ces bêtes de 300kg n’est pas gênant. Nous sommes « en contact » avec eux. Ils nous entendent, réagissent, grognent, jouent, courent (vite d’ailleurs), et posent pour notre grand plaisir de photographes animaliers improvisés. Matia, Marko Kralj, Mladi Dol, Mlada Gora, Bruno sont nos nouveaux voisins à poils longs. Ils sont 9 pensionnaires au total. Pour la plupart, ils ont été trouvés orphelins et recueillis ne pouvant survivre à l’état sauvage sans leur mère. Le plus jeune, Matia a 3 ans et le plus vieux, Bruno 46 ans. Ils cohabitent, ou plutôt, Matia cohabite avec Bruno et ses humeurs !

Après ces belles rencontres, place aux artistes ! Des panneaux peints par chacune des personnes passées par ici sont accrochés ça et là. C’est très coloré et symbolique. On y retrouve souvent la date, la nationalité, les noms… Filia nous propose de faire notre pancarte.

Et maintenant, place au travail. Filia nous emmène devant un amas de vielles planches de bois humide. Il s’agit de bois de récupération entassé là pour être trié (par des volontaires) : un tas pour chauffer la pièce commune et cuisiner sur son poêle à bois et un tas de bois que l’on juge utilisable.

Parce que l’on aime faire du zèle, on va trier le bois utilisable par longueur, et aussi parce que nous sommes un peu fayots ! Les enfants avaient hâte de contribuer à la vie du refuge. Finalement Rose est rapidement plus attirée par l’ours qui se trouve à 10m de nous et à 2 mètres d’elle. Merlin, lui, prend plaisir à monter sur le tas de bois, pas toujours très stable (à vous de juger de qui on parle). En tout cas, il nous donne pleins de bonnes indications et se donne aussi de tout cœur à l’ouvrage. Nous finissons très fiers de nous… En bons fayots, nous aurions apprécié un peu de reconnaissance. Malheureusement, personne n’est venu admirer notre construction. On s’auto-félicite !

Après une pause déjeuner méritée, nous tentons une nouvelle approche pour proposer nos services. On se rend compte que sans la présence du patriarche, les ados sont perdus, comme les ours. Ils n’osent pas prendre de décision, sans lui. Ils n’osent pas non plus lui demander à l’avance. Mais ils osent nous dire de ne pas nous adresser directement à Yvan pour proposer nos bras. On est un peu perdu avec ces 2 générations. On s’octroie donc un quartier libre et on en profite pour retourner à la rencontre des ours.

Vendredi 18 février : joyeux anniversaire Magda

Ce matin, on range des tuiles ! On les trie selon différents critères… un peu flou. Et quand on est pas sûr, on les casse discrètement pour ne plus avoir de doute ! Rose et Merlin participent avec entrain.

Après une petite demi heure de dur labeur, nous allons terminer nos peintures de la veille.

L’après-midi, après avoir aidé 2 jeunes volontaires à charger une remorque de tuiles, nous partons en promenade découvrir un secret de ce village « mystic place ».

En soirée, nous rejoignons nos hôtes pour partager une bouteille de rouge. Nous avons rendez-vous à 19H30 car avant il est interdit de boire de l’alcool. En plus ils avaient cours de croate. Nous voilà donc au milieu de cette équipe joyeuse : c’est l’auberge espagnole dans un chalet. Le jeune Kosovar est très doué pour préparer et cuire son pain avec les contraintes d’équipement de ce chalet de montagne. Les enfants préparent des dessins d’ours (eh oui) et distribuent à chacun une gommette souvenir. Rose et Merlin sont ravis en voyant que certains les collent sur leur téléphone portable.

Nous prenons rendez-vous pour notre départ le lendemain. Yvan souhaite nous voir avant.

Samedi 19 février

Nous accrochons notre pancarte ou plutôt notre œuvre d’art sur une des barrières d’enclos des ours. Notre passage est immortalisé, nous partirons sereins.

Filia nous convie à une cérémonie à l’intérieur du chalet où nous attend Yvan. Nous entrons, curieux, et profitons à nouveau de cette ambiance solennelle. Yvan est très charismatique et théâtral. Il nous propose de nous introniser pour symboliser notre implication dans son refuge.

Il propose à chacun d’entre nous de choisir un collier avec un ours sculpté en bois, avant de se lancer dans un rituel cérémonial :

Nous reprenons la route avec notre amulette autour du cou et l’esprit de la montagne dans le cœur. Chouette expérience, nous allons essayer de redescendre sur terre.

Après l’esprit de la montagne, on redescend d’un cran pour retrouver l’esprit du commerce touristique ! Nous avons repéré un Park4night qui pourrait faire l’affaire pour un début de semaine travail-école : un resto qui propose son terrain pour accueillir les voyageurs avec pour contre-partie d’être client. Allons voir !

Nous sommes très vite accueillis par le propriétaire qui nous confirme ce principe. Le début de semaine ne pourra pas se faire ici, il n’y a pas de pièce disponible pour que Thomas travaille. Nous décidons donc de rester une nuit et de profiter du restaurant.

A la fin de notre repas, après s’être allégés d’une somme démesurée par rapport à la qualité, après avoir appris que l’électricité pour la nuit sur laquelle on était déjà branché était passée de 5 à 8€, nous sommes dirigés vers la cave pour une dégustation dans les règles. Le scénario est rodé, le parcours client est réfléchi jusqu’au moindre détail, et on déballe tout ce qui peut se vendre. Tout est « maison » : ils sont apiculteurs, fabricants de cosmétiques, viticulteurs, éleveurs, fromagers et oléiculteurs. Tout est « maison ». On nous sert 13 verres de dégustation (rosé, rouge, blanc, liqueurs, apéros, …). On sent le discours du charlatan… On trempe les lèvres dans le rouge qui coûte le prix d’un bon côte du Rhône Bio mais est loin d’en avoir la saveur. Le fromage « maison » de chèvre que l’on nous a servi à table est excellent. Malheureusement, à 60€ le kilo, on s’en passera. Voyant que nous ne serons pas de gros clients, il utilise l’effet Colombo ! Technique connue dans le commerce (malsain) de « juste une dernière question » au moment où le suspect a baissé la garde :

Nous tournons les talons pour quitter la cave, quand la maman du propriétaire soulève une immense couverture sous laquelle sont présentés des bracelets, des doudous tricotés, et autres attrap’ enfants « maison » ! Nos enfants ont été épatants et n’ont pas réclamé respectant notre discours.

Nous passons une nuit agréable après ce retour sur terre désagréable.

Dimanche 20 février

Nous sommes dans les montagnes et recherchons un coin pour faire un barrage. Pêche, histoires de dinosaures, sauvetage-baignade d’hameçon sont au programme.

Nous profitons d’une cascade à quelques kilomètres pour notre pause déjeuner. Nous recherchons malgré nous un point de chute pour ce début de semaine. Personne n’est ravi de quitter la vie dans Ptit Gris. Heureusement l’accueil de Marin, notre hôte à Makarska réchauffe notre soirée. Parfois un sourire et un accueil chaleureux et surtout sans intérêt masqué, efface l’image négative du tourisme de masse. Merci 😉

Lundi et mardi 21 et 22 février

École-travail-tempête : finalement nous nous réjouissons d’être entre 4 murs. Dehors c’est la tempête. Le vent se déchaine, la mer est parsemée d’embruns. On voit régulièrement des OVNI voler. On croise les doigts pour qu’ils n’atterrissent pas sur notre camion.

Mercredi 23 février : Direction la Bosnie-Herzégovine

Nous ne quittons pas la Croatie sans un dernier câlin à une de ses plages incroyables ! Déjeuner face à la mer. Le vent s’est calmé, le ciel est dégagé et le soleil brille.

Un bel au revoir 😉

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