Merci Rose !

Rose ne sait pas nous expliquer pourquoi mais elle tenait à découvrir la Bosnie-Herzégovine. Peut-être est-ce ce joli nom de pays qui lui a donné envie ? Ou encore la frustration de n’y être passé que quelques minutes lors de notre traversée du Monténégro à la Croatie ? Ou plutôt parce qu’elle se passionne pour l’histoire de l’ex-Yougoslavie ?

Mercredi 23 février

En fin de journée nous passons la frontière vers la Bosnie. Nous n’avons pas effectué de PCR et notre pass sanitaire n’est plus valable donc on serre les fesses ! Le douanier ne tarde pas à nous les demander. On ne se démonte pas et on ouvre nos applications « Tous anti-covid ». Il regarde celui de Thomas sans le scanner et Lucie sera sauvée par la convivialité de son collègue très motivé à nous faire une démonstration de français. Il en profite pour rappeler à Lucie qu’il est interdit de faire des photos sur ces zones de frontières. Lucie, la rebelle, prendra le temps d’envoyer la photo à Thomas avant d’annoncer souriante au douanier qu’elle est effacée. Ce douanier francophile est tellement sympathique qu’il nous invite à nous garer sur le côté pour vérifier l’intérieur du camion. Il s’agira en fait surtout pour lui de faire durer la conversation. Il sera d’ailleurs de bons conseils pour notre périple Bosniaque.

Nous reprenons la route, ravis de cette 1ère rencontre chaleureuse… Le 1er stop pour acheter une carte SIM nous permet de découvrir que ce pays est beaucoup moins touristique que le précédent : les personnes que nous croisons sont très étonnées de nous voir ici, et elles ne maitrisent pas du tout l’anglais. C’est plutôt une bonne nouvelle, on se dit que ce séjour va être réellement un dépaysement…

En s’éloignant de la frontière, nous nous retrouvons rapidement dans les montagnes, et même entourés de monts enneigés ! C’est très joli et très différent de notre déjeuner en tee shirt sur la plage quelques heures auparavant. Le décor est tellement chouette que l’on décide de s’arrêter autour d’un lac gelé. Le décor est digne du seigneur des anneaux. Et on est seuls… On ne croise pas de voiture et les rares maisons semblent vides… Un spot idéal en fait 😉

Jeudi 24 février

La nuit a été rythmée par des réveils liés aux vents très forts qui frappent l’arrière du camion. Au passage, voilà un conseil de camping-caristes désormais expérimentés : « orientez le nez de votre camion en direction du vent« . Le réveil est tout aussi magique que le coucher : une légère brume recouvre le lac gelé, le soleil illumine les montagnes blanches, et nous sommes toujours seuls au milieu de cette immensité ! C’est vraiment beau la Nouvelle Zélande !

Les enfants ont bien repéré la veille les zones où ils pourraient glisser sur la neige. On avait dit « ok, si le coucher se passe bien ». Et vu que le coucher ne s’est pas bien passé du tout, on y va quand même… Ça fait partie des aberrations courantes de notre éducation.

Dépourvus de luge, on s’arme de sac poubelle… La neige en a finalement décidé autrement. Elle est plus adaptée aux constructions qu’aux glissades !

Un arrêt shopping est nécessaire. Jablanica est idéalement située pour cet arrêt : nouvelles bottes, 2ème carte SIM, quelques slips et un déjeuner avant de repartir en direction de Sarajevo.

Nous nous installons près de la route pour la nuit. C’est sur le parking d’une église à 3 quarts d’heure de la capitale que nous nous arrêtons. On aurait pu s’arrêter sur le parking d’une mosquée. Les musulmans et les catholiques orthodoxes cohabitent très naturellement sur cette jeune nation indépendante.

Vendredi 25 février : Sarajevo !

Ce nom de ville résonne dans notre tête depuis notre enfance avec une connotation guerrière. C’est très excités et très curieux que nous en prenons la direction. On ne sait pas à quoi s’attendre, d’autant que le pays semble très pauvre. Son découpage géographique avec seulement 20km de côtes sur l’Adriatique ne lui permet pas d’accueillir autant de touristes étrangers que sa voisine croate. Dommage parce que l’accueil est très chaleureux, les gens que l’on croise sont toujours ouverts à la discussion malgré un anglais souvent inexistant : ça rend les échanges assez comiques !

A notre arrivée à Sarajevo, on se rappelle le conseil de notre douanier préféré de privilégier les parkings surveillés : les voitures et particulièrement les voitures de touristes sont souvent la cible de voleurs. Nous nous méfions de ces conseils méfiants parfois basés sur une seule expérience. Les commentaires et les blogs que nous avons parcourus au sujet de Sarajevo sont plutôt rassurants. Après avoir tourné une bonne demi heure à la recherche d’une place, nous nous éloignons du cœur de ville, et finissons sur un parking surveillé !

Les 2 kilomètres pour rallier le centre nous servent d’échauffement. Sarajevo et son cœur se dévoilent enfin : un centre-ville historique très charmant avec de nombreuses mosquées et églises. Les rues sont très animées, les façades sont défraichies mais il ne reste que peu de vestiges du passé. Le souk et les pâtisseries orientales réveillent quelques souvenirs proches d’une destination très agréable. On retrouve même un quartier musulman dans lequel on se croit en Turquie ! Mosquées, petits commerces de détails, cafés et thés consommés en grande quantité, et bien sûr le chant régulier du Muezzin… Tout y est 😉

Pour le déjeuner, nous arrivons à trouver un restaurant aux produits locaux et surtout non fumeur ! C’est assez rare pour le préciser. La plupart des commerces est fumeur. Et c’est devenu très inhabituel pour des français habitués à sentir la sueur dans les boites de nuit depuis le 2 janvier 2008 !

On découvre pourquoi Rose voulait tant venir à Sarajevo peu de temps après le repas. Elle voulait se faire couper les cheveux par une coiffeuse de cette magnifique ville !! En route pour le 1er salon de coiffure que l’on trouve pour un carré bosniaque, sans oublier un shampooing indispensable ! Merlin, Thomas et Lucie sont très jaloux, surtout pour le carré ! Merlin et Thomas en profitent pour aller dévaliser la pâtisserie du coin de la rue, et évidemment faire les foufous.

Lors de la visite d’une mosquée, un fidèle s’approche de nous pour nous donner quelques détails passionnants sur ce qui nous entourent. La Tour de l’horloge capte notre attention. Elle n’indique pas l’heure mais le calendrier lunaire, le 12 indiquant le coucher du soleil. Cette heure est modifiée chaque semaine pour être toujours en phase avec le rythme du soleil. Ce calendrier lunaire est très utilisé dans la religion musulmane car les heures de prière sont calées en fonction du coucher du soleil. Le mécanisme de cette tour a été fabriqué par 2 frères qui ont également exprimé leur talent au cœur d’une tour-horloge connue de Londres 😉 Ce même fidèle très charmant nous précise qu’il y a un muezzin qui fait l’appel à la prière chaque soir dans cette mosquée. Nous avons tout juste le temps de découvrir le café bosniaque (très proche du café turc) dans un nuage de fumée de cigarettes. On se permet un nouveau conseil au passage : quand vous buvez un café bosniaque, ne finissez pas votre tasse ! le marc est servi avec cet excellent café. Malheureusement, notre informateur s’est planté. Nous avons la chance d’entendre le chant du Muezzin mais pas de le voir. Ça nous a toujours permis de recroiser ce fidèle fidèle et de partager un nouveau moment agréable avec lui.

Après cette journée éreintante où nous avons fait les mules plus que les parents (nouvelle aberration de notre éducation de parents indignes), on démarre notre Ptit Gris pour rejoindre un spot à quelques kilomètres de Sarajevo.

Samedi 26 février

Réveil sportif sous la neige pour Thomas pour découvrir ce coin magnifique de nature. Magnifique nature que nous découvrirons tous ensemble après le ptit dej. Le cygne et les canards se réjouissent de notre visite et surtout de cette poche de pain dur que l’on apporte.

Nous reprenons la route sous la neige pour rejoindre Blagaj dans le sud de la Bosnie. Plus on avance, plus il neige et plus le paysage est blanc… On n’est pas fiers.

Nous trouvons un parking gratuit idéalement placé pour la visite du monastère et même pourquoi pour passer la nuit. A peine descendus du camion, nous faisons la connaissance de 3 chiens puis rapidement 4, qui ne nous quitteront plus jusqu’à notre départ de Blagaj.

C’est sous un tempête de vent que nous visitons ce joli petit village. Le monastère est construit dans la roche à l’aplomb d’une imposante falaise. Des entrailles de cette montagne jaillit une abondante source dans laquelle s’éclatent quelques canards amateurs de rafting !

La soirée dans le camion est mouvementée. Le vent est presque inquiétant : il tourne régulièrement : nous ne pouvons pas ajuster la position du camion en fonction de sa provenance. Nous patientons.

On se dit qu’un resto nous permettrait de manger à l’abri. Malheureusement, l’éclaireur parti repéré le resto pour éviter que tout le monde ne s’envole, revient avec une mauvaise nouvelle. Le seul resto ouvert nous replongerait dans l’ambiance des boites de nuit des années 2000 : tout le monde fume, fume et fume !!! La déception des enfants est vite oubliée quand ils se rendent compte qu’ils vont quand même manger au restaurant : Le Ptit Gris ! Après avoir mis les vêtements de circonstance, Thomas s’improvise serveur & cuisinier. Merlin ne tarde pas à l’imiter !

Dimanche 27 février

La nuit a été agitée. Les couvertures en tôle qui nous entourent ont tenu le coup : nous sommes aussi étonnés que fatigués de cette nuit avec peu de sommeil.

Nous disons Au revoir à Molka, Ptit doux, Pistache, Lilyx, Poils longs (oui, ça fait 5 finalement), avec beaucoup d’émotions. Certains auront tenté une entrée dans le camion, nous avons réussi à ne pas craquer. Nous démarrons en direction de Mostar pour nous installer pour la semaine.

Le parking repéré sur Park4night n’est pas aussi charmant que la description le laissait entendre. En plus, le mardi 1er mars est le jour de l’indépendance en Bosnie. Est ce que c’est vraiment d’actualité de fêter son indépendance ? La salle de co-working est donc fermée à cette occasion. Nous décidons de visiter la cité historique de Mostar et de voir ensuite.

Nous sommes rapidement charmés par l’architecture de ce petit village, et particulièrement par ce pont médiéval Stari Most qui permet de relier la partie basse à la partie haute de la cité.

Pendant notre ballade, nous sommes arrêtés par un couple charmant qui maitrise le français. Il nous aiguille vers le restaurant dans lequel nous pourrons déguster les spécialités locales, et surtout prendre notre revanche sur hier soir 😉 Le conseil était de qualité, le resto est typique, et de très bonne qualité. Les serveurs sont en tenues traditionnelles, et un poêle réchauffe l’ambiance. Seul bémol, la fumée qui envahit la pièce ne vient pas du poêle mais des cigarettes enchainées par nos voisins pompiers !!

Nous avons fait le choix de retourner en Croatie pour vivre les 3 prochaines journées de la semaine.

Sur la route de montagne qui nous emmène en Croatie, la circulation est dense. Pas de soucis pour autant, nous ne sommes pas pressés. Mais arrivés à la frontière, nous sommes accueillis par un douanier en colère : douanier qui nous reproche un comportement dangereux sur une route de montagne. Il est furax, et affirme nous avoir vu couper une ligne blanche pour doubler un camion. Il nous fait stationner sur le côté et nous dit qu’il appelle la police pour qu’elle nous verbalise. Nous ne fuyons pas et attendons calmement.

Après quelques minutes, un policier blasé arrive et nous demande les papiers du véhicule. Ce sera la seule question qu’il nous posera.

Après quelques minutes d’attente, le douanier revient avec nos papiers et nous laisse partir après une petite morale : « take it easy! »

Voilà, nous avons quitté la Bosnie, et pouvons continuer tranquillement…

Nous arrivons maintenant côté Croate. Nos papiers sont une nouvelle fois scannés (et nos pass sanitaires laissés de côté). Le douanier nous demande si nous avons quelque chose à déclarer : nous répondons que non. Il décide tout de même de nous faire ouvrir le camion. Quand nous ouvrons la porte latérale de Ptit Gris, il tombe nez à nez avec un cageot d’oranges fraiches achetées quelques heures auparavant sur les bords de routes bosniennes. Il nous regarde, surpris et nous précise que c’est interdit. Nous le regardons, surpris, et lui précisons qu’il s’agit d’oranges. Il répond, surpris, qu’il va nous les confisquer ! Lucie négocie pour en garder quelques unes… Il sourit. Puis il nous demande si nous avons autre chose : fromage, viande, … Bah, en fait, notre frigo est plein ! Nous interprétons sa réaction de cette façon : il passe de la surprise à l’aberration puis au désespoir ! Il finit par abandonner toute action et nous laisse repartir avec un grand sourire.

Nous arrivons en Croatie après ces émotions pour les 3 prochaines journées de travail-école et avant de retrouver les papy-mamie d’Orbé-Plage.

Lundi 28 février mardi-mercredi 1 et 2 mars

Suite à un travail nécessaire pour Thomas, la semaine travail-école se termine exceptionnellement le mercredi soir. En soirée, nous retrouvons un de nos spots préférés sur les hauteurs de Dubrovnik.

Jeudi 3 mars : Retrouvailles !

Matinée rangement, jeux dans les cailloux, et lancés de pierres sur les nids de chenilles. Nous apprenons, que l’avion de papy et mamie a 2 heures de retard, et qu’ils n’arriveront pas à 16h comme prévu, mais plutôt autour de 22h.

Nous prenons possession du Airbnb où nous les accueillerons, puis partons pour une séance shopping.

Ensuite, direction l’aéroport pour tenter de récupérer la voiture de location des parents de Thomas, mais aussi pour rencontrer le médecin présent sur place. L’aéroport est totalement vide ! Nous y sommes seuls, l’ambiance est très particulière.

Nous repartons sans voiture, mais avec l’ordonnance pour laquelle nous devions voir un médecin. On a plus qu’à attendre l’atterrissage !

Isabelle et Hubert ont bien atterri. Ils sont fatigués mais pas autant qu’ils le seront dans quelques jours…

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